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Genitori invecchiano

Cet article est extrait d’une discussion d’un des rencontres de notre Online Support Group. Le sujet était « Comment gérer le vieillissement des parents loin de nous ». Des amies de Suisse, Suède, Italie, Angleterre, Indonésie, Le Cap et Jérusalem ont participé et Barbaraexpat de Melbourne a dirigé la discussion.

Merci à Anne, en France, pour la traduction de l’anglais

 

Le vieillissement, la maladie et la mort de nos parents ou d’êtres chers sont des sujets qui concernent beaucoup d’entre nous et nous avons atteint un nombre record de participants à cette discussion.

Un des thèmes récurrents dans toutes ces expériences était la culpabilité. Voici quelques-uns des mots utilisés par les participants pour exprimer ce sentiment :

« ….coupable de ne pas pouvoir être là. »

« Je me sens coupable car je ne pourrai pas être près d’elle dans ses dernières années… »

« J’ai trouvé ma voie, je suis heureux mais ça ne diminue en rien la culpabilité que je ressens souvent. »

Nous avons commencé notre discussion en évoquant les longs appels téléphoniques à écouter la liste des maux et plaintes de nos proches et les voyages à l’autre bout de la terre qui devraient être « des vacances » mais qui se transforment souvent en une succession de tentatives pour améliorer une situation qui se détériore rapidement. Tout ceci pour essayer de se rapprocher, de pouvoir aider, écouter, prendre soin, alléger la douleur, être plus présent. Et malgré tout, nous nous retrouvons avec le désagréable sentiment de ne pas en avoir fait assez.

Parfois, nous n’avons plus l’énergie pour être présents et les constants déplacements et dérangements dans notre vie sont insupportables. A ce stade, nous refusons d’envisager cette situation, et nous n’en ressentons que plus de culpabilité, cette fois-ci car nous ne voulons pas être présents.

Le chagrin et l’impuissance ressentis dans ces circonstances transparaissent dans les mots des participants qui, avec beaucoup de courage et de générosité, ont partagé leurs expériences. Heureusement, nous pouvons surmonter ce sentiment de culpabilité et en reconnaissant et acceptant nos choix et en nous acceptant nous-mêmes, nous pouvons mener une vie plus satisfaisante.

Un autre thème commun qui est ressorti de notre discussion est le sentiment de confusion, décrit par un des participants comme « un sentiment de ne plus savoir où l’on est », parce que nous vivons deux vies distinctes. Une dans notre pays d’adoption, avec le travail, les enfants, le mari, les amis et la routine quotidienne et une autre dans notre pays d’origine, où nos parents ont besoin de notre aide et dont nous ne pouvons nous détacher, même en pensée. Assumer ces deux réalités peut s’avérer difficile.

Nous avons évoqué la dynamique des familles, en particulier celle qui se développe quand des frères et soeurs ou d’autres membres de la famille deviennent les principaux soutiens de nos parents. Ceci peut engendrer des ressentiments et un détachement qui, au fil du temps, peut dégrader nos relations. Même si ces sentiments négatifs sont durs à accepter, il est quasiment impossible de changer l’attitudes des autres. En dépit de tout, nous devons apprendre à vivre avec ces ressentiments et en paix avec nous-mêmes.

Et quand nous avons besoin d’eux?

Deux participantes, enceintes, ont partagé leur envie d’être plus près de leurs parents et de les sentir plus impliqués dans cette merveilleuse expérience. Une autre traverse une période difficile et apprécierait le soutien de sa famille, même de loin. Les parents et la famille ne sont pas toujours disposés à voyager pour répondre aux besoins de leurs enfants expatriés. Parfois, ils ne perçoivent pas notre désarroi et ne peuvent ou ne veulent pas apporter leur aide. Nous devons donc quelquefois affronter seuls des situations heureuses comme la naissance d’un enfant ou douloureuses comme la maladie.

Nous n’avons fait que survoler ce sujet, étudiant nos réactions à l’énoncé «  C’était notre choix de partir ». La décision de vivre à l’étranger est certes très personnelle mais elle ne devrait pas exclure le soutien de notre famille en période de besoin. Cependant, ce choix peut parfois creuser un fossé entre ceux qui restent et ceux qui partent. La fracture est souvent alimentée par un refus de dépasser les clichés concernant la vie d’expatrié et d’accepter que ceux qui vivent au loin doivent gérer les mêmes problèmes et chagrin que les autres. Essayer d’expliquer la vie d’expat peut s’avérer fatigant et il a été suggéré d’utiliser notre énergie pour renforcer les groupes de soutien aux expatriés plutôt que de se lancer dans une bataille perdue d’avance avec ceux qui restent au pays. Certaines stratégies utilisées pour garder le contact sont l’usage de Skype, pas seulement avec les parents mais aussi avec ceux qui s’en occupent et, si possible, rendre visite plus souvent. De cette façon, nous nous sentirons plus impliqués et présents.

L’objectif principal de cette rencontre était d’offrir un soutien moral et non des conseils pratiques. La force de ce groupe réside dans l’écoute et le partage. Pouvoir exprimer ses sentiments et être sûre d’être comprise, pas jugée, crée une ambiance de proximité et de chaleur qui m’a réconfortée toute la semaine.

Pour finir, je voudrais rajouter que, même si la réunion a permis de « se lâcher », les expériences et les sentiments ont été partagés avec honnêteté et gratitude mais sans apitoiement.

 

Barbaraexpat
Melbourne, Australie
Octobre 2015