Home > Topics > Family and Children > Children > Comment maintenir la langue française avec ses enfants à l’étranger?
DSC00042

Une des préoccupations de nombreux parents vivant plusieurs années à l’étranger dans un contexte non francophone est de parvenir à bien apprendre ou à maintenir le français à leurs enfants, avec si possible une expression orale et écrite de bon niveau. Plusieurs amis d’ExpatClic ont accepté de nous donner leurs petites astuces pour aider les enfants à pratiquer le français de manière active et si possible ludique.

 

Anne, à New York, 2 enfants (6 et 8 ans)

La solution la plus évidente, c’est l’école, bien sûr. Mais encore faut-il pour cela habiter dans une capitale ou une grande ville, et avoir les moyens de payer des frais élevés comparés à la France qui offre une scolarité gratuite, ou être accepté en tant que boursier. Nos enfants vont à l’école américaine, mais comme nous parlons français à la maison, les enfants communiquent sans problème à l’oral, je ne suis pas préoccupée par cet aspect. Par contre, l’écrit est un peu limite. J’ai pensé les inscrire à des cours par correspondance mais après l’école, les enfants ont des devoirs à faire, je ne veux donc pas les surcharger avec du travail en français, ce qui risquerait de les dégoûter. J’essaie plutôt de leur faire regarder des programmes télévisés qui sollicitent l’écrit, comme les émissions « Les Chiffres et les Lettres » ou « Motus ». Je les ai aussi abonnés à des magazines pour enfants en français, qu’ils ne lisent pas toujours en entier, mais ces publications sont là, et ils les feuillettent de temps en temps. Lorsqu’ils seront un peu plus grands, ils prendront l’option français à l’école et je pense qu’ils auront alors l’occasion de développer la grammaire et l’orthographe.

Valérie, à Tokyo, 1 enfant (12 ans)

ScuolaInAustraliaMa fille est en école anglophone depuis toujours. Elle s’exprime tout à fait normalement en français, mais son écrit n’est pas très bon (elle a 12 ans). Lorsque nous étions dans des pays francophones, l’école proposait des cours de français sur plusieurs niveaux, ce qui m’a grandement facilité la tâche car les professeurs étaient très dynamiques, utilisaient des méthodes ludiques (pièces de théâtre, chansons, exposés, etc.), tout en étant exigeants. Cette année, elle aurait pu prendre l’option français à l’école, mais le niveau est trop basique et on me l’a déconseillé. Je vais donc lui faire prendre des cours privés de français avec une élève franco-américaine de la High School, ce qui lui permettra de se refamiliariser en douceur avec l’orthographe et la grammaire. Et elle devrait par la suite, en équivalent 3ème, intégrer la classe de français niveau supérieur. Par ailleurs, j’essaie de la pousser à écrire via les nouvelles technologies : je lui envoie des sms et des emails en fin de journée pour qu’elle lise régulièrement du français et qu’elle me réponde aussi en français, ce qui fonctionne moyennement, mais elle lit au moins mes messages. Pendant les vacances en France, les visites touristiques et les prospectus sont un autre moyen de l’obliger à lire. Aujourd’hui je pense qu’il serait intéressant de lui faire fréquenter des enfants français qui l’inciteraient à utiliser plus de vocabulaire de son âge, mais la localisation géographique de la communauté française et les emplois du temps différents des écoles rendent cette tâche un peu ardue.

En tout cas, pour ceux que cela intéresserait, certaines associations proposent des cours réguliers de soutien aux enfants non scolarisés en milieu francophone : par exemple l’Association des Familles Franco-Japonaises au Japon (AFFJJ) donne des cours de français un samedi par mois.

Véronique, à Pékin, 1 enfant (5 ans)

School Hong KongJe vis à Pékin depuis 3 ans. Mon fils franco-chinois parle très correctement le français pour son âge. C’est principalement avec moi qu’il communique dans cette langue. Il parle également le chinois, plutôt avec son père et le monde extérieur. Nous nous posons aujourd’hui la question du type de scolarisation à choisir, nous hésitons encore. Pour maintenir le français, j’utilise beaucoup les CD pour enfants avec comptines, contes, chansons. Je peux les mettre à la maison aussi bien que dans la voiture lors de longs trajets, ce qui me garantit une période de calme. J’ai aussi beaucoup de livres pour enfants en français qu’il me demande souvent de lui lire, ou qu’il commence aussi à lire seul, car nous avons commencé à déchiffrer la langue ensemble. Le rituel de la petite histoire avant de dormir est bien installé et quand je semble l’oublier, il me le rappelle d’office ! Je pense également, dans quelques années, accueillir une jeune fille au pair française chez nous, ce qui permettrait d’avoir une deuxième locutrice francophone dans son entourage. J’ai quelques amies qui organisent des réunions hebdomadaires pour que leurs enfants s’amusent ensemble en français, mais je ne peux malheureusement pas y participer actuellement car je travaille à ces heures-là. Les retours en France pour les vacances sont en tout cas très bénéfiques car je constate des progrès importants chaque année. C’est certainement dû au fait que mon fils apprend beaucoup, et sans s’en apercevoir, lors de ses activités avec ses cousins et cousines!