| Elia Photo Service à Jerusalem |
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Lire our recommander cet article en: italien anglais espagnol Traduit de l'anglais par Anne Zarella, que nous remercions
Il y a, dans le quartier chrétien de Jérusalem, un petit magasin “Elia Photo Service” dans lequel vous devez absolument vous arrêter si vous êtes dans la Ville Sainte. Ce magasin appartient à la famille arménienne Kahvedjian et c’est l’endroit idéal pour trouver des photographies de Jérusalem et de ses environs. J’ai rencontré le petit-fils de feu Elia Kahvedjian, qui était venu en Palestine durant le génocide arménien et qui avait , entre autre, commencé à prendre des photos sans se douter qu’il rassemblait ainsi le témoignage historique d’un monde qui allait être brutalement détruit dans un laps de temps très court. Voici ce qu’Elia, ainsi nommé en l’honneur de son grand-père, m’a raconté. Claudiaexpat
Mon grand-père est né à Urfa, en Turquie. Lorsqu’il avait environ cinq ans, il a perdu toute sa famille dans le génocide arménien. Il fut alors emmené, avec d’autres orphelins victimes du génocide, au Moyen-Orient, à Nazareth. Là, un de ses professeurs était photographe et mon grand-père l’accompagnait souvent, non pas pour apprendre la photographie mais pour porter les plaques. C’est ainsi qu’il prit goût à la photographie. A l’âge de 16 ans, il se rendit à Jérusalem avec neuf autres orphelins. Ils furent logés dans le quartier arménien. Il commença par être employé chez un photographe en dehors des murs, et par la suite, il ouvrit sa propre boutique qui prospéra jusqu’en 1948. A cette date, les émeutes éclatèrent et de nombreux magasins furent détruits. Heureusement pour lui, il travaillait pour l’armée britannique, développant leurs négatifs et imprimant les photos et il fut averti par un officier britannique deux jours avant l’attaque sur Jérusalem. Ce dernier lui conseilla de tout emporter et mon grand-père remplit deux camions de l’armée avec son matériel, ses négatifs, ses photos qu’il cacha dans une cave du Quartier Arménien. Tout y resta jusqu’en 1987 lorsque mes parents décidèrent de nettoyer l’endroit et y trouvèrent tous ces négatifs, plaques etc.. Mon grand-père avait tout perdu dans les émeutes et il était reparti de rien dans un nouveau local. En 1949, il acheta la boutique où nous sommes toujours aujourd’hui. Il était photographe, peintre et musicien.
Notre clientèle est diversifiée : des arabes, des juifs, des diplomates, des étrangers, en fait tous ceux qui sont intéressés par des photos historiques. La particularité des photos de mon grand-père est qu’il se concentrait sur les personnes. Ceci était peu courant à l’époque car la sensibilité des pellicules était faible, rendant très difficile la prise de photos de personnages, car ils bougeaient au détriment de la photo. Mais ils choisissaient des hommes, des femmes et des enfants comme sujets et à travers ces très belles photos, vous pouvez voir ces personnes vous parler.
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