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Chaque année, l’école de mes enfants, à New York, organise une journée intitulée « Life skills » pour les élèves de 6ème.
Différents ateliers sont organisés et, par petits groupes, les jeunes ont l’occasion de découvrir, à travers des activités, comment s’organiser, étudier, gérer son temps, son stress et vivre en communauté au collège.
Depuis trois ans, j’ai le plaisir d’intervenir durant cette journée en tant que sophrologue et j’organise un atelier de gestion du stress.

Après un bref exposé théorique sur le stress en général, nous travaillons par groupe de 10 maximum. A l’aide d’exercices de contraction/détente, les enfants prennent conscience de leur corps, des états de tensions ou de relaxation et comparent les deux avec amusement.
Ils tentent ensuite, chacun à leur tour, d’identifier et d’exprimer quelques facteurs stressants significatifs pour eux.

ChildrenC’est ainsi que j’ai pu observer, avec surprise, que l’impact d’un déménagement n’est que rarement mentionné comme facteur de stress significatif, contrairement aux différentes sollicitations imposées par l’école. Il est important de relever toutefois que cet atelier se passe dans le cadre de l’école et que l’accueil réservé aux nouveaux élèves y est particulièrement bien organisé.
C’est ainsi que le nombre de devoirs et contrôles ainsi que les relations d’amitié au sein de l’école paraissent être les facteurs stressants dominants.

Quelques réflexions d’enfant ;
-Moi, j’ai toujours peur d’avoir oublié quelque chose, alors le soir je pense dans mon lit à tout ce que j’aurais pu oublier et je ne m’endors pas.
-Quand le professeur me donne la feuille avec les questions du contrôle, j’ai le coeur qui bat vite, je me sens pressé, et j’ai l’impression de ne plus rien savoir.
-J’ai toujours l’impression que mes amies ne m’aiment pas autant que les autres, j’ai une boule dans l’estomac, je suis sûre qu’elles ne vont pas venir vers moi.
-Chaque fois que j’arrive avec des nouveaux vêtements à l’école, je stresse.
-J’ai toujours l’impression que je n’y arriverais jamais, il y a trop de devoirs, je travaille beaucoup et ne dors pas bien.

Viennent ensuite les mères que les enfants ressentent comme trop stressées donc stressantes ou trop exigeantes.

– C’est ma maman que vous devriez voir ! Elle n’arrête pas de crier et de s’énerver depuis qu’on est arrivé ici, alors ça me stresse, je suis tendu et je m’énerve aussi.
– Le matin, ma maman n’arrête pas de me presser, j’arrive à l’école avec mal de tête.
– Ce qui me stresse le plus, c’est ma mère ! Elle s’inquiète pour tout et s’énerve beaucoup depuis le déménagement.
-Tout doit toujours être parfait pour elle, alors ça me stresse et je fais mal.

Parents schoolOn remarque que c’est à travers leur maman que les enfants expriment le stress dû au déménagement.

Les papas sont aussi mentionnés quant à leurs exigences par rapport à la scolarité de leur enfant et à leur comportement plus autoritaire.

-Dès que je passe un test et que je reçois les notes, je sais que mon père ne sera pas content, (il ne veut que des 16/20), alors j’ai peur, je ne me souviens plus de rien.
-Quand je montre mon carnet de note, mon cœur bat très fort, je deviens rouge, mes mains sont mouillées.

L’enfant essaie ensuite de reconnaître les signaux, ou symptômes, que son corps lui envoie pendant ces moments de stress. La majorité rapporte des douleurs au ventre (estomac noué, nausées, boule dans le ventre), des diminutions de performances intellectuelles (ne se rappelle pas de la réponse, n’arrive plus à réciter le texte), des difficultés à s’endormir, des maux de tête ainsi qu’une augmentation du rythme cardiaque et respiratoire.

Après avoir identifié les facteurs stressants et les signaux donnés par le corps, l’enfant tente de présenter les différentes façons qu’il connaît et reconnaît comme efficaces pour diminuer l’état de stress dans son corps.
Ils semblent, pour la plupart, éprouver quelques difficultés à percevoir les moyens d’actions efficaces.
Nous essayons alors ensemble, en fonction des facteurs stressants identifiés, de déterminer des moyens d’actions. Lorsqu’il n’est pas possible de modifier ou d’éloigner la source de stress (ex ; les interrogations, devoirs,…) que peut-on faire pour diminuer les symptômes ?
Un brainstorming permet souvent de trouver divers moyens d’action dont chacun pourra s’inspirer. (Étude préalable dans de bonnes dispositions, hygiène de vie, techniques de relaxation,…)

Nous nous quittons après une petite séance de relaxation de base, que les enfants généralement apprécient.

Ces journées remportent habituellement un grand succès, beaucoup d’enfants mettent rapidement en pratique les quelques astuces données, à l’école comme à la maison.
C’est une expérience intéressante qui pourrait être envisagée dans beaucoup d’autres écoles.

 

Cathleen de Kerchove
Transition consulant
New york
Septembre 2005