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giacarta

Claudiaexpat vit à Djakarta. Avec cet article, elle vous donne un aperçu des transports dans sa ville d’accueil.

 

Trafic
Chauffeurs et conduite
Taxis
Bajai et ojek
Bus

Commençons avec le trafic à Djakarta : le premier mot de bahasa qu’on apprend est macet. Ça veut dire bouchon. De trafic, évidemment. C’est un mot important, car le macet est une partie très vivante de la vie quotidienne dans cette ville. J’ai conduit à Khartoum, Lubango, Brazzaville et Bissau, j’ai roulé sur les routes de Tegucigalpa et de Lima, pour ne pas parler de celles de Jérusalem, mais je ne m’étais jamais sentie aussi perdue qu’ici, quand je regarde la quantité immense, inimaginable de motos qui passent par les rues de la capitale indonésienne. Il y a en tellement, qu’il n’y a plus de règles pour elles. jakartaComme les vélos en Hollande qui ont toujours raison, les motos ici coupent perpétuellement le chemin, envahissent les voies opposées, rentrent dans les routes à sens unique, et montent sur les trottoirs. Tu en trouves partout: devant, derrière, à gauche et à droite indépendamment de la direction du traffic, parfois je m’attends d’en voir une qui me tombe sur le toit de la voiture. Ces conducteurs indomptables sont doués, et même si pendant les premiers temps vous serez proche d’une attaque cardiaque car vous les verrez presque toucher le côté de votre voiture, l’accident est rare. Ils sont néanmoins une source de stress pour qui n’a pas les nerfs solides.  Car à tout ce va-et-viens s’ajoute le fait de devoir apprendre à conduire à l’envers si, comme moi, vous avez toujours conduit à l’européenne. Mais ceci est facilement gérable, on s’y habitue facilement (expérience vécue) et en tous cas c’est rien comparé aux autres risques qu’on a au volant à Djakarta. Ceux-ci incluent :

  • La police: paradoxalement c’est un élément qui ne manque jamais quand on parle de la conduite ici. Apparemment ils utilisent toutes sortes d’excuses pour t’arrêter, et trouvent toujours quelque raison pour te filer une amende. Cela  inclut notamment le fait de ne pas avoir le permis de conduire en règle (voir plus en bas). Une amie, une des rares courageuses que j’ai rencontrées qui conduit sa propre voiture, se déplace avec un portemonnaie presque vide, et garde son argent dans une pochette cachée dans son sac, de telle sorte que si la police l’arrête et veut effacer sa faute au volant avec un petit don, elle ne va pas devoir donner tout son argent! A vrai dire, je dois avouer que récemment moi et mon mari avons étés arrêtés par un policier qui avait toutes les raisons pour nous punir, car nous étions en train de circuler un jour que notre plaque ne le permettait pas (évidemment nous l’avions oublié), et qui nous a laissé partir avec un sourire après notre insistance et promesse de ne plus jamais le faire. Donc il se peut aussi de rencontrer des policiers différents de ceux qui dans l’imaginaire terrorisent la plupart des expats.
  • Les accidents: je n’en ai pas encore vu, mais je sais qu’il y en a, certains graves. Avec la situation du trafic ici, on peut tranquillement s’attendre que quelque chose arrive tôt ou tard. Et ici on a toutes sorte de versions, des descriptions les plus apocalyptiques de gens lynchés sur place ou volés de toutes leurs possessions, à celles (qui honnêtement me semblent plus réalistes) dans lesquelles on arrive à se mettre d’accord d’une façon ou d’une autre. Il ne faut certainement pas compter sur l’assurance: quand nous avons demandé d’en faire une pour notre voiture, le vendeur était très surpris et nous a demandé pourquoi on en voulait une. Récemment mon mari a fait tomber une moto (qui transportait noodles et wanton) qui lui a coupé le chemin, et il n’a été ni lynché ni battu.  Il a payé une somme qu’il lui paraît honnête, et après avoir pathétiquement essayé de recueillir quelques nooddles collé au sol, il est reparti avec une poignée.
  • La pluie: conduire à Djakarta est un défi en soi, mais cela le devient encore plus quand il pleut. Car souvent ici la pluie n’est pas pluie: c’est des seaux d’eau qui se renversent directement sur les voitures, les motos, les (peu) piétons, et qui inondent des quartiers entiers. Tout se bloque et il n’y a pas d’espoir. Il faut avoir beaucoup de patience et avoir toujours quelques passe-temps avec soi dans la voiture.

Tout ce que je viens de dire, m’amène à ouvrir le chapitre chauffeur. Ici pratiquement tout le monde a un chauffeur, qui devient partie intégrale de la vie à Djakarta. Un salaire moyen part de trois millions de roupies (200 euros) pour une journée d’à peu près dix heures, et si on en a encore besoin, on paye les heures extra à part. Pour trouver un chauffeur ici on confie, comme pour tout, sur le bouche à oreille : il existe des listes d’envoi, des forums et associations d’expatriés qui donnent plein de renseignements, surtout du fait qu’avec le va- et- viens d’expatriés qu’il y a ici, on trouve toujours quelqu’un qui se libère quand vous en avez besoin.

jakartaUn bon chauffeur ne doit pas seulement savoir bien conduire, mais connaître la ville à fond, ses raccourcis et les points à éviter. Beaucoup de chauffeurs parlent anglais, mais pas forcément. Leur tâche est de vous accompagner et vous attendre partout, souvent ils font aussi des petits trucs pour vous comme livrer des paquets, acheter quelque chose, et comme tout le personnel dans ce pays, ils peuvent devenir des canaux importants entre vous et la culture locale. Bien évidemment vous (ou votre compagnie ou assurance) devrez mettre une voiture à disposition du chauffeur, et il se chargera de la maintenir propre et bien réglée.

Personnellement, je n’ai jamais eu un chauffeur dans ma vie et je n’arrive pas à m’imaginer d’en avoir un, mais je comprends les raisons de celles qui en emploient un :

  • on est mieux protégées, et nous ne devons pas nous préoccuper des accidents, la police, etc.;
  • on gagne du temps dans les mouvements car il connaît la ville beaucoup mieux que nous;
  • on peut utiliser le temps passé en voiture de façon créative : lire, écrire, surfer sur internet, parler au téléphone. J’ai vu des voitures parfaitement équipées avec coussins confortables, livres, bouteilles d’eau, pour faire face aux longues périodes dans les macet;
  • on donne du travail à une personne.

Je reste de l’avis qu’un chauffeur se justifie si on se déplace beaucoup. Si vous sortez peu, ou bien bougez dans la même zone, prendre un chauffeur signifie avoir quelqu’un assis chez vous (même s’il s’installe dans la zone de service), qui attend que vous le fassiez travailler. Et en tous cas à Djakarta les taxis sont fantastiques (avec quelques bémols, voyez plus en bas).

Si vous décidez de conduire votre propre voiture, vous devez avoir un permis de conduire indonésien. Vous pouvez conduire avec le permis international pendant les six premiers mois (certains disent trois, ce n’est pas clair) depuis votre première entrée en Indonésie. Il y a des agents qui vous aident à la faire, normalement la compagnie ou organisation pour laquelle vous travaillez se charge de vous accompagner dans le processus. La procédure est rapide, on se retrouve avec l’agent au siège central de la police (il vous expliquera exactement où cela se trouve), on lui donne le Kitas (carte d’identité indonésienne), le passeport, le permis de conduire original, et il se charge de tout faire. Il vous appelle juste pour prendre la photo, et ensuite il vous donne votre permis stratifié. Le coût est de 850,000 (60 euros) roupies à peu près.

Je vous recommande de ne PAS LA LAISSER PERIMER, car il pourrait vous arriver ce qui m’est arrivé. Je n’ai pas pu la renouveler car j’étais à Singapour avec une dengue, et maintenant je n’arrive pas à obtenir un nouveau permis sans avoir passé le test (théorique, en bahasa, ahahahaha, et pratique).

La compagnie de taxi la plus connue et utilisée (car c’est la meilleure) s’appelle jakartaBlueBird (https://www.bluebirdgroup.com/). Ils sont très efficaces, ont de bonnes voitures, les chauffeurs sont en général respectueux et conduisent presque toujours bien, et surtout ils sont très faciles à localiser. Vous pouvez les appeler de la maison (les numéros son (021) 79171234/7941234, ils parlent anglais) ou avec l’app que vous pouvez télécharger sur votre téléphone ou ipad. La première fois que vous les appelez, ils enregistrent votre numéro et adresse, de façon que la fois d’après il vous suffira de donner votre numéro de téléphone et il savent déjà où vous recueillir, c’est très pratique. Si vous les appelez de l’extérieur de la maison, vous pouvez leur dire où vous êtes et ils vous envoient avec un message le numéro du taxi qui vient vous recueillir. Vous pouvez aussi les arrêter dans la route en levant votre main. Il y en a partout, toute la ville est pleine de ces voitures bleues (BlueBird, justement). Certains font partie du groupe Bluebird mais d’autres appartiennent à d’autres compagnies, par exemple les Pusaka, d’un bleu légèrement plus fané mais qu’on peut quand même prendre. Il y a aussi les SilverBird, c’est à dire des mercedes gris foncé, beaucoup plus confortables et bien évidemment plus chères (à peu près le double des taxis bleues). Le taximètre part de 6500 roupies (50 centimes d’euros) et vous devez payer 20,000 roupies s’ils viennent vous chercher à la maison, même si vous n’avez pas atteint la chiffre.

Attention au fait que beaucoup de taxis sont camouflés en Bluebird mais ne le sont pas. Ils ont la voiture bleue et à un premier coup d’œil ils semblent être des Bluebird, mais ils n’ont pas le sticker que les vrais Bluebird appliquent à l’intérieur de la porte. Ils sont aussi en moins bonne condition. Rien de bien  grave si vous les prenez, mais dans ce cas vous n’avez pas la couverture de la compagnie au cas où quelque chose ne marche pas bien.

Il existe aussi d’autres compagnies de taxi mais je ne sais pas quoi vous en dire. Je n’ai pas encore rencontré une seule personne qui ait utilisé quelque chose de différent des BlueBird. On voit circuler des taxis blancs, Express, (les plus nombreux après les BlueBird) et d’autres jaunes (plus rares), je les ai pris parfois dans la route et je n’ai pas eu de problèmes, sauf que les voitures sont moins bien et parfois elles puent.

En tous cas tous les taxis coûtent très peu.

jakartaMaintenant les points obscurs: pour commencer, pas tous les chauffeurs connaissent la ville par cœur. Il peut arriver (à vrai dire ça arrive souvent), que si vous donnez une adresse un peu cachée, ils ne savent pas le trouver. Il est toujours bien d’avoir des points de référence à donner, en plus du nom de la rue et le nombre civique. Même ainsi il peut arriver de se trouver piégées sur un taxi qui n’arrive pas à destination et qui refuse de s’arrêter pour demander des indications. Malheureusement il n’y a pas grande chose qu’on puisse faire sauf – si on a la chance que le chauffeur parle anglais ou si vous parlez un peu de Bahasa – insister pour qu’il s’arrête et demande à quelqu’un.

Le discours de la langue est aussi un peu compliqué, parfois vous pensez  bien prononcer le nom de votre destination, mais les chauffeurs ne le comprennent pas. Une bonne méthode est d’écrire en grosse lettres l’adresse sur un papier et la donner au chauffeur.

La chose absolument la plus dure en ce qui concerne les taxis est que quand il pleut tout simplement on en trouve pas. Et même en les appelant beaucoup à l’avance (aussi avec BlueBird, qui est la meilleure compagnie) on n’a pas l’espoir de les voir apparaître. Ne perdez pas vos nerfs car cela ne changera rien. Après un laps de temps (et cela  peut varier entre une demi heure et deux heures) la situation s’arrange et on va à la maison.

Les taxis souffrent un peu à Djakarta depuis que les Grab a Car (https://www.grab.com/my/car/) sont apparues. Elle fonctionnent comme partout dans le monde, il vous suffit de décharger l’app et appeler une voiture (privée) qui viendra vous chercher là où vous lui avez indiqué. Elles coûtent la moitié du taxi et sont utilisées de plus en plus.

jakartaD’autres moyens de transport à Djakarta incluent les bajai, une sorte de rikshaw à moteur, et les ojek. Les bajai existent en orange et en bleu. Les premiers font un bruit d’enfer et sont très polluants, mais ils ont récemment été bannis dans les quartiers résidentiels (c’est à dire, confinés aux quartier plus pauvres, comme d’habitude). Les bleus par contre sont plus « écologiques » (au moins ils font moins de bruit). Les deux sont assez chers (ils sont plus chers que les taxis) et un peu dangereux car en général ils conduisent comme des fous, envahissant la voie opposée et prenant les courbures à haute vitesse. Ils sont ouverts, donc vous respirerez toute l’air pestilentielle des gaz d’échappement des voitures et des motos autour de vous. Les ojeks sont ni plus ni moins des motos avec chauffeur qui vous prennent et vous amènent à destination. En général ils vous donnent un casque (il est interdit de voyager sans casque et dans tous les cas c’est très déconseillé). Les parkings des ojeks ont tous un panneau qui vous aide à les identifier. La tarif est variable et plein d’imagination. Avec les ojeks et les bajai mieux vaut s’accorder sur le prix avant de partir.

Dans tous les cas, les Ojeks classiques ont presque disparu depuis qu’à Djakarta est arrivée la compagnie Go-Jek (https://www.go-jek.com/), qui a révolutionné le marché. Les Gojeks sont des ojeks qu’on peut appeler avec une app, qui permet de les suivre en chemin. Ils sont bien organisés, ont un uniforme, et fournissent des très couvre-têtes très pratiques à utiliser avant de mettre le casque. Il y en a énormément dans toute la ville. La chose intéressante de cette compagnie est que en plus du service de mototaxi, elle fournit de services tels que livraison du repas que vous avez commandé chez votre restaurant favori, prise et livraison de paquets, des achats au supermarché, et vous envoie aussi du personnel pour vous donner un massage, nettoyer la maison, vous maquiller ou laver votre voiture.

En ce qui concerne les bus, il y en a beaucoup et ils sont en général assez vétustes. Les chauffeurs conduisent comme des fous, et il est assez difficile de comprendre leur parcours. J’ai connu quelques courageux qui les prennent: une amie qui avait localisé le numéro exact de celui qui passait chez elle, l’a essayé une fois et s’est rendue compte que le trajet du bus lui convenait. Il y a aussi un ami qui parfois les prend et y reste jusqu’à ce qu’il se trouve sur le trajet qui lui convient, pour ensuite descendre et prendre un taxi. Les bus s’appellent Kopaja, et il y en a de différentes couleurs.

Pour terminer, il y a le Transjakarta, un bus qui part de la centrale du Block M (le centre commercial le plus connu à Djakarta) et vous amène jusqu’à la partie plus au nord de la ville. C’est le bus qu’il faut prendre pour visiter Kota, la vieille ville. L’avantage du Transjakarta est que pour une bonne partie du parcours, il reste sur une voie réservée, et ceci vous permet d’économiser du temps. Le billet coûte à peu près 20,000 roupies, si je me souviens bien (un euro et démi), et je vous conseille de prévoir quelque chose pour vous couvrir car la clim est à des niveaux criminels.

Je pense avoir tout partagé, et il ne me reste que vous inviter à ne pas vous décourager face au trafic. D’une façon ou l’autre on s’y habitue, ou on apprend à la gérer en s’organisant en conséquence.

 

Claudia Landini (Claudiaexpat)
Djakarta, Indonésie
Novembre 2017
Photos de Claudiaexpat
Article traduit de l’italien par Claudiaexpat
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