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Brrr, quel froid ! Affligée, je regarde dehors par la fenêtre et la mer semble avoir changé de couleur. Que voulez-vous que je vous dise, jusqu’à l’autre jour, il me semblait que c’était l’été et aujourd’hui mon souffle me rappelle que, s’il ne forme pas encore des cristaux de glace, c’est déjà un miracle. Pourtant nous avons eu un automne assez doux. Mais voilà, maintenant c’est comme ça… Il n’y a plus de mi-saison, dirait l’autre. Mais il me semble que la mi-août, c’était hier; avec ses parasols, l’odeur de lotion au coco et les gens dévêtus, alors qu’il ne reste que moins d’un mois avant Noël, mais vous vous rendez compte ? Je ne sais pas pour vous, mais pour moi le temps file et je ne parviens pas vraiment à le suivre.

Noël… Autrefois, je l’attendais, Noël, c’est tout. Avec ses décorations merveilleuses, ses parfums, ses cadeaux, mais dans ce temps-là j’étais une enfant, et on sait que les Noëls sont surtout pour les enfants.

Je l’attends aussi aujourd’hui, même s’il a perdu un peu de son aura magique, mais j’attends en adulte, en adulte qui sait que ce n’est pas toujours Noël.

Et maintenant je me demande comment est né ce Noël. Vous le savez ? Vous l’êtes-vous jamais demandé ?

Vous savez certainement que cette fête fait partie de l’année liturgique chrétienne, pendant laquelle on rappelle la naissance de Jésus Christ, qui, dans la Chrétienté occidentale tombe le 25 décembre, tandis que dans la Chrétienté orientale elle est célébrée le 6 janvier. Mais peut-être ne savez-vous pas tous que Noël n’a pas été introduit tout de suite comme une fête chrétienne, mais qu’on a dû attendre le quatrième siècle, pendant l’Empire Romain, et même plus tard dans les zones orientales.

Il faut dire aussi que, comme cela arrive souvent, la tradition chrétienne de cette fête se mêle à la tradition populaire et surtout paysanne. Il suffit de penser qu’avant Noël on célébrait à cette période-là une série de rites et de fêtes liées au monde rural.

Il y avait la fête du Feu et du Soleil, celle de la divinité de la lumière, Mitra, parce qu’à ce moment-là, qui coïncidait avec le solstice d’hiver, c’est-à-dire le jour le plus court de l’année, les journées commençaient à rallonger. Dans la Rome antique, du 17 au 24, on fêtait les Saturnales en l’honneur de Saturne, dieu de l’agriculture, et c’était une période où l’on vivait en paix, où l’on échangeait des cadeaux, on oubliait les divisions sociales et on faisait de somptueux repas. Ces mêmes somptueux repas que nous appelons maintenant les « grandes bouffes » de Noël et qui sont à l’origine plus tard des mille régimes qui remplissent les pages de tous les journaux du mois de janvier, Gazette du Sport inclue.

Oh là là, je me les sens déjà poussées, ces soi-disant poignées d’amour, qui pour l’occasion se seront plutôt transformées en grosses bouées qu’en poignées ! Je me projette déjà dans le futur proche et je verse ici une larme de crocodile en pensant que peut-être cette fois le « panettone », le « torrone » au chocolat et la dinde farcie seront plus légers ?

Mais pour en revenir à nos moutons et me donner plus de contenance, je disais que ce fut vers l’an 274 que l’empereur Aurélien décida que l’on fêterait le Soleil le 25 décembre, et c’est à ce moment-là que naquit la tradition de la souche de Noël, souche qui devait brûler dans les maisons pendant douze jours consécutifs. Cette souche, de préférence de chêne, un bois propitiatoire, était observée en train de brûler et, par sa façon de brûler, on en tirait un présage pour la nouvelle année.

Et voilà à quoi nous devons notre « souche de Noël », qui s’est transformée de nos jours en lumières et en bougies qui décorent maisons, rues et arbres. Et c’est ainsi qu’aujourd’hui notre Noël est l’héritier des traditions bourgeoises du siècle précédent, avec des symboles et des usages aussi bien d’origine païenne que chrétienne. Noël est maintenant anticipé d’une journée, alors que le 24 devrait être un jour de jeûne et de veille pendant lequel on se prépare pour les festivités qui se poursuivront jusqu’à l’Epiphanie.

Mais ne croyez pas que notre Noël scintillant attende le 25 décembre pour s’habiller ! Eh non, il est vaniteux et, dès les premiers jours de décembre, il commence à se parer somptueusement. Dans les maisons, on prépare une crèche, en particulier dans les pays du sud de l’Europe, ou un arbre, de tradition plus nordique.

La crèche représente la scène de la naissance de Jésus, réalisée au moyen de petites figurines de matières différentes, et traditionnellement exposée dans les maisons et dans les églises dans la période qui va de Noël à l’Epiphanie. La scène traditionnelle a pour éléments principaux la grotte ou la cabane, où une mangeoire accueille l’Enfant Jésus, avec à côté la Madone, Saint Joseph, le boeuf et l’âne, et au dehors des bergers et des brebis, l’Archange Gabriel, l’arrivée des trois Rois Mages, le tout sur un tapis de mousse et sous un ciel d’étoiles, parmi lesquelles on trouve la comète lumineuse.

Et le sapin, vrai ou faux, s’habille de lumières, de boules de couleurs, de formes et de matières différentes, de guirlandes dorées, argentées ou colorées, et orne sa pointe d’une riche décoration, comme si c’était son diadème. Et au-dessous on trouve les cadeaux, les cartes de couleurs, les parfums, les desserts typiques, mais aussi une grande frénésie et une consommation excessive parfois, qui risquent en partie de rendre Noël moins beau.

Et nous voici aux prises avec le fameux repas de Noël; celui qui nous retient cloués pendant des heures à table et qui se passe à la maison, avec la famille. D’habitude il est à base de viande, avec des recettes qui varient selon les traditions et la cuisine de chaque pays. Nous avons aussi une large palette de riches desserts qui rappellent souvent les symboles solaires ou les traditions rurales.

Que cette colline brune, symbole de ma ville natale, est merveilleuse ! C’est le « panettone » de Milan ! Avec ses petits raisins, ses fruits confits et sa pâte dense. Mais je ne dédaigne pas non plus cette merveilleuse et moelleuse étoile revêtue de sucre glace qu’est le « Pandoro ».

Et qui plus a en profite plus, vivez votre Noël le plus sereinement possible. Et profitez de la bonne chère, mais surtout de la compagnie de ceux que vous aimez. Si vous avez des enfants, soyez avec eux le plus possible. On en profite si peu, de nos enfants ! Et ne vous faites pas avoir par le consumérisme, par le stress de chercher le cadeau impossible. Profitez des parfums, des atmosphères et faites-vous un cadeau de moins, mais faites un petit geste, surtout pour vous rappeler le sens chrétien de Noël. Non, je ne parle pas de don ou de bonté pour se laver la conscience, mais seulement d’un petit geste qui aura un sens pour quelqu’un. C’est seulement ainsi que ce sera un bon Noël.

JOYEUX NOEL A TOUS ! Où que vous vous trouviez.

Merci à Donatella