donna incinta

Mociexpat partage son expérience de grossesse à Budapest.

Merci à Line pour la traduction

Etre enceinte peut être beaucoup de choses: ça peut être émouvant, compliqué, douloureux, incommode, difficile, émotionnellement usant, ça peut faire très peur ou être très calmant, cela peut être tout ça et plus encore, ou tout le contraire. La vérité est que c’est différent pour chacune et même, différent pour la même femme durant différentes grossesses. En plus de toutes ces possibilités incertaines, car aucune d’entre nous ne sait comment cela va la toucher, cela se complique quand, en plus, tu es à l’étranger, dans un pays qui n’est pas le tien et où, bien que tu y vives depuis un certain temps, tu dois découvrir le nouveau monde de la maternité (dans tous les sens du mot).

Ma première grossesse, heureusement, fut merveilleuse et sans aucune complication. J’ai profité de (presque) chaque seconde et j’étais tellement à l’aise que j’aurais pu continuer cette grossesse deux mois de plus. Cela n’exclut pas le fait que, expatriée à Budapest et bien qu’y vivant depuis presque deux ans lorsque je suis tombée enceinte, il me fut difficile trouver les informations dont j’avais besoin et que les femmes locales ont à portée de main. Sincèrement, il me fut plus difficile trouver les endroits où acheter des produits pour les bébés que découvrir quels étaient les docteurs et hôpitaux disponibles car – heureusement – cela a été une chance qu’au centre médical où j’allais depuis que j’étais arrivée en Hongrie, ils offraient un très bon cours prénatal qui m’avait offert toute l’information dont j’avais besoin (et dont je n’avais aucune idée avant le cours, et encore moins qu’il existait)[1]. Mais allons-y par étapes.

L’idée de cet article n’est pas seulement celle de raconter l’expérience de ma grossesse et de mon accouchement à Budapest. C’est aussi le fait de pouvoir vous donner quelques renseignements d’où chercher l’information qui pourraient vous servir au cas où, un jour, vous devriez accoucher dans cette belle ville.

Mon expérience a été positive dans (presque) tous les sens. J’ai reçu une attention prénatale de haut niveau dans un centre médical privé[2] (je sais que le service public est correct mais il ne me correspondait pas). Il y a plusieurs options disponibles et la plupart des cliniques et centres médicaux privés offrent des plans prénataux avec des prix bien plus bas que si on paye les consultations et examens du protocole médical hongrois séparemment. Mon médecin m’a beaucoup plu (même si la fin a été moins heureuse mais il s’agissait plus d’un sujet administratif que médical), il était super tranquille et détendu, comme moi. Durant une grossesse si bonne comme celle que j’ai eue, j’ai senti que tout était absolument parfait. Cela n’aurait peut-être pas été le cas avec une grossesse avec complications. Je connais aussi des femmes auxquelles son style ne plaisait pas. Mais comme partout, il y a des médecins pour tous les goûts et beaucoup qui parlent anglais ou d’autres langues[3].

Points à prendre en compte au moment de chercher et choisir un médecin – à Budapest et partout dans le monde je suppose – est sa position quant aux différentes options qui existent au moment d’accoucher. Que pensent-ils des césariennes, des accouchements naturels, de l’allaitement, de te donner le bébé juste après l’accouchement, de ne pas utiliser de péridurale, de manger ou non pendant le travail de l’accouchement, s’ils préfèrent que tu marches ou que tu restes couchée pendant tout le travail de l’accouchement, du besoin de l’épisiotomie, etc. Moi j’ai fait un « Plan d’Accouchement » et je l’ai montré au médecin avec lequel j’allais accoucher. Là je lui expliquais ce que je voulais et lui m’a dit quelles étaient les choses qu’il pouvait me promettre, lesquelles il essaierait de réaliser et lesquelles il ne croyait pas possibles. La vérité est que j’ai (presque, à nouveau) eu l’accouchement que je voulais, même quand les circonstances n’étaient physiquement pas les meilleures.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAEn général, c’est mon impression, de par ce que j’ai entendu pendant mes cours prénataux, le système hongrois est assez conservateur (médecins et, par conséquent, hôpitaux), les taxes de césariennes sont très élevées (spécialement dans les privés, même si la différence de prix comparée à d’autres pays – au moins du Pérou, d’où je viens – n’est pas énorme entre l’accouchement naturel ou la césarienne, pas dans toutes les cliniques) et il s’agit souvent d’un facteur que les femmes enceintes prennent en compte au moment de prendre une décision sur avec qui et où accoucher. C’est justement cela qu’il est important de prendre en compte au moment de prendre une décision sur le médecin, voir dans quels hôpitaux il a des privilèges et connaître les statistiques des accouchements dans chacun d’entre eux. Mon cas par exemple fut un cas peu commun. J’ai accouché dans une zone de Maternité privatisée[4] d’un hôpital public (je l’avais choisi en raison de la proximité, parce qu’il se passait quelque chose nous avions l’hôpital en bas et parce que le médecin qui allait s’occupait de moi avait à peu près la même ligne que moi de comment je voulais que les choses se passent… si ce n’est des intraveineuses de fer qu’il m’a mis pendant les derniers jours de ma grossesse… mais bon, ¡on ne peut pas tout avoir dans la vie!). Malheureusement le taux de césariennes dans cette clinique était l’un des plus hauts de Budapest, environ 70%! Je suis complètement en faveur de l’accouchement naturel et j’ai fait confiance au médecin, qui m’avait dit qu’il ferait tout son possible pour éviter une césarienne ou des interventions chirurgicales inutiles. Une fois le jour arrivé, j’ai eu l’accouchement naturel que je voulais même si tout laissait présager que ce ne serait pas comme ça (et malgré la salle d’opérations prête depuis le moment où ils ont commencé à provoquer). J’en suis presque arrivée à devenir l’héroïne de l’hôpital, personne ne pouvait croire que j’avais accouché naturellement et tous venaient me féliciter!

Un autre facteur à prendre en compte est aussi l’importance pour chacune d’accoucher avec le médecin qui t’a suivi durant la grossesse. Cela peut te donner plus de liberté pour le choix d’un médecin sans avoir à t’inquiéter des privilèges qu’il a dans l’hôpital qui te plaît. En Amérique du Sud – au moins mon expérience – les femmes attendent de pouvoir accoucher avec le même médecin. En Europe par contre, avec un système de santé publique qui fonctionne bien, ce n’est pas possible, tu accouches avec qui est de garde à ce moment là et point. En ce qui me concerne, ce n’était pas important que mon médecin fut présent à l’accouchement, en fait, dès la semaine 38 j’ai cherché le médecin avec lequel j’ai accouché (celui qui travaillé dans la clinique que je voulais) et tout a été bien. Ma philosophie (validée par la science évidemment) était (et est) que pour une grossesse qui n’a pas eu de gros problèmes, l’accouchement devrait être pareil et que, finalement, la vérité est que les médecins arrivent généralement au moment de pousser, et peu m’importait qui prendrait ma fille quand elle sortirait.

Ce qui m’a beaucoup aidé aussi a été d’avoir une doula avec moi. Tout d’abord parce qu’en plus elle a été ma traductrice avec le personnel médical pendant l’accouchement. Mon médecin et l’infirmière obstétrique parlaient anglais mais avaient un niveau de base et pour cela, les réponses à mes questions étaient toujours très courtes et sans détail. Grâce à la présence de ma doula, j’ai pu comprendre tout ce qui se passait d’une meilleure façon et ça m’a même sauvé de l’épisotomie! En plus de la partie linguistique, les services de doula en eux-mêmes, avec les serviettes d’eau tiède avec huiles relaxantes pendant les contractions et les bougies qu’elle a mis dans la chambre pour créer une ambiance plus chaude et moins « hôpital » (à un moment j’ai même cru que le médecin nous expulserait de la chambre pour avoir éteint les lumières et avoir mis des bougies, mais non, il a trouvé ça joli !) et le soutien émotionnel furent une valeur ajoutée. Elle m’a servi de barre quand j’en avais besoin et m’a calmé quand j’ai paniqué à l’heure de connaître ma fille et ne pas l’aimer tout de suite[5].

Au sujet du protocole médical, le hongrois est assez complet. En le comparant et en en parlant avec mes amies de divers pays, j’ai découvert que chaque pays évalue et donne de l’importance à des choses différentes. Par exemple en Italie le sujet de la toxoplasmose est très important. Une fois, une amie de mon mari a eu très peur quand elle m’a vu manger un bout de pain avec du prosciutto cru quand j’étais enceinte, elle m’a demandé pour la toxoplasmose et la vérité est que je n’y avais donné aucune importance… et mon médecin non plus. En Italie, si tu n’a pas l’anticorps, ils te recommandent de ne pas manger de charcuterie, ici en Hongrie ils te font l’analyse mais ne te recommandent rien de particulier (et je n’avais pas l’anticorps). Au Pérou par exemple, ils te disent de faire attention à la provenance des aliments, rien de plus (et ils ne t’interdisent pas de manger du ceviche, heureusement). Un autre test qui change est par exemple celui de la Citomegalovirus, au Pérou ils ne le font pas (en Espagne non plus et je crois que dans la plupart des pays non plus) mais ici oui. Et ils le prennent au sérieux. Comme cela il y en a plusieurs, ce n’est pas un signal d’alarme mais il est bon de le savoir pour éviter les surprises (ou demander quelque chose en particulier qui peut t’intéresser).

Pour terminer, et comme d’habitude, si l’une d’entre vous a besoin de plus d’information sur tout ce que j’ai indiqué (ou sur ce que j’aurais pu laisser de côté), n’hésitez pas à me contacter. Comme je l’ai dit, l’expérience de devenir maman à Budapest a été très bonne et je dirais à toute future maman que malgré les difficultés du début pour trouver ce qu’on cherche, tout se trouve (et si je peux t’aider à le trouver, encore mieux !). Tel a été mon cas et après quarante semaines et cinq jours d’une merveilleuse attente et un accouchement qui fut une expérience inoubliable, dans le sens positif du terme, est arrivée ma fille pour me changer la vie.

Je vous raconterai comment tout continue car le deuxième est en marche !

[1] Le cours prénatal que j’ai suivi avec la personne qui me le donnait n’existe plus car la personne est partie MAIS elle continue à donner le cours par Skype et a même une version en vidéo et un livre intitulé “Giving Birth in Hungary”. Vous pouvez trouver toutes les informations ici: www.RekaMorvay.com

[2] www.FirstMedCenters.com

[3] Ici il y a une liste de gynécoclogues avec commentaires https://docs.google.com/spreadsheet/pub?key=0AtaYckZy3eUFdE5pSnFNNWJJUkQydm84aFpVaDRNRFE&output=html. La liste a été créée par un groupe de mères appelé www.BudapestMoms.com qui a aussi un Google Group qui est une excellente source d’information pour TOUT. (https://www.budapest-moms.com/forum2/)

[4] https://maternity.hu/en/

[5] Ma doula fut la même personne que pour le cours prenatal, elle ne vit plus à Budapest mais ici il y a une liste complète de doulas, sage-femmes, etc que vous pouvez consulter. https://docs.google.com/spreadsheet/pub?key=0AtaYckZy3eUFdDFjSENmVURiTzgwQ2VEV2tLaktJakE&output=html

 

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