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Expatriation with Children

Pour tous les parents qui partent en expatriation, la question se pose un jour ou l’autre :  » Est-ce bon pour nos enfants ? Quelles en seront les répercussions ?
Nous ne parlerons pas dans cet article des problèmes liés à la scolarisation ou à la santé, mais plutôt de l’impact psychologique d’une enfance passée dans différents pays.

Nous avons demandé à plusieurs personnes ayant vécu toute ou une partie de leur enfance à l’étranger de nous en décrire leurs bons… et leurs mauvais côtés, ce qu’ils ont ressenti pendant leur séjour, au moment de leur retour en France, et ce qu’ils pensent maintenant de cette expérience, avec le recul des années et de la vie.
Voici les témoignages de Stéphanie et de sa sœur Elodie, EmmanuellelSeverineCatherine et Valerie, jeunes femmes entre 30 et 40 ans, reparties ou non pour l’aventure de l’expatriation.

L’article est long, n’hésitez pas à vous munir d’une tasse de thé ou à revenir plusieurs fois pour lire les différents témoignages !

Témoignage de Stéphanie
J’ai vécu en Algérie entre 3 et 11 ans ainsi qu’une année en Côte d’Ivoire (celle du bac). Entre-temps nous avons vécu en région parisienne.

Même tout petit on est sensible à la possibilité de voir d’autres choses, à une qualité de vie très agréable : nous étions choyées. Notre enfance en Algérie c’était pour nous la plage, les amis, les goûters et les voyages dans le désert, les activités ludiques en ambassade (sport, peinture, etc).
Quand on vit en petite communauté les liens sont plus forts, parfois superficiels mais heureusement petits on ne s’en rend pas compte. Nous n’avions pas l’occasion de revenir souvent en France, c’était juste pour les grandes vacances, alors quand on est à l’étranger en petit groupe je crois que l’on se serre plus les coudes si on n’a pas l’occasion de  » rentrer « .
Donc bien sûr tout ce qui est fête de famille, mariage, naissance nous n’y avons pas beaucoup participé. Je ne connais pas vraiment mes cousins et cousines (j’apprends à les connaître aujourd’hui). La famille c’est notre cellule et cela fait que l’on est très lié, peut-être trop parfois… il faut faire de la place aux autres.

petits-expats6On prenait l’avion l’été pour revenir en France chez mes grands-parents. Leur maison était notre seul port d’attache en France et ce fut déchirant quand il a fallu vendre la maison : malgré tout on a besoin de racines dans son pays.
On y retrouvait une bande de copains, cela nous permettait de reprendre contact avec la France et tout ce qu’elle peut offrir. Et nous leur apportions une ouverture sur le monde. Ils aimaient bien qu’on leur parle arabe.
Mais petit bémol d’enfant j’étais nulle question Casimir : je fais partie de cette génération et je ne l’ai jamais vu !!!!
En ce qui concerne les mauvais côtés, je pense que les parents y étaient plus sensibles. Cela concernait les services médicaux, le manque au niveau des articles domestiques ou alimentaires : c’est idiot mais on envoyait le fils d’un ami d’Air France chercher du papier hygiénique en France, le détail qui tue non !!!

Entre mes 2 séjours à l’étranger, je suis rentrée en France pendant 5 ans.
La première année a été assez sympa, je dois l’avouer : j’étais branchée en permanence sur la radio, je découvrais la télé, le ciné, le bus, le métro, les musées….
Et puis nous avons déménagé pour la grande banlieue parisienne : boulot, dodo, métro, plus de place pour la différence (lycée usine et uniforme jeans Adidas fille filiforme!!!). Il faut rentrer dans le moule, ne pas prendre les chemins de traverse mais aller tout droit et personne ne fait attention à personne, « pas le temps ».
Donc quel soulagement quand on est repartis pour la Côte d’Ivoire, je me sentais libérée. Certains lycéens qui n’avaient jamais quitté leur ville me traitaient de folle d’aller en Afrique… c’est qu’il y a des noirs !!!!! des sauvages, c’est triste, non au 20ème siècle ? D’autres m’enviaient. J’ai eu la chance que mon père travaille en expat.

Et puis après le bac, il a bien fallu retourner en France. Mais je repartais tous les trois mois en Côte d’Ivoire prendre mon bol d’air. En sentant l’air qui tombait sur nos épaules à la sortie de l’avion avec tout ce monde grouillant, on se disait  » enfin à la maison !!!  »

J’ai fait les trois premières années deug/licence sur Strasbourg dans un appart avec ma sœur. Le WE, c’était dur, les autres rentraient chez eux. Nous, nous découvrions les joies du bus pour faire les courses au supermarché loin!!!!!
A l’époque, il n’y avait ni Internet ni téléphone pas trop cher donc on mangeait des pâtes pour appeler nos chéris restés à l’autre bout de la France ! Mais on apprend vite à devenir grand face aux courses /administration /loyer /factures!!!!!
Nous n’avions pas non plus de parents le WE pour ramener le linge sale, faire un bon repas le dimanche, et nous dorloter avant de rejoindre la jungle de la fac.
Ensuite nous sommes allées sur Bordeaux. Ma grand-mère, chez qui nous passions nos vacances enfants, habitait à une centaine de km. Nous y retournions le WE, et je me rapprochais de mon cher et tendre qui lui faisait ses études à Poitiers. En maîtrise nous avions cours trois jours par semaine et nous avions la chance que ce ne soit pas les mêmes, donc on naviguait entre Bordeaux et Poitiers.

petits-expatsCe qui me manquait le plus durant cette période, c’est le fait de ne pas pouvoir avoir de petites conversations avec mes parents ou des trucs tous bêtes comme appeler sa mère à la rescousse pour une recette de cuisine ou un petit chagrin!!! De la Côte d’Ivoire mes parents sont partis au Maroc.

Petite, j’avais une amie d’une dizaine d’année de plus qui rentrait en France pour ses études : je me suis sentie abandonnée, je ne comprenais rien et je lui en ai voulu. Mais la vie continue, alors on apprend à ne pas se donner totalement en pensant au prochain départ, ce que n’ont pas les gens qui restent en France et dans leur région.
En France, mes amis sont essentiellement ceux que j’ai connus à l’étranger ou des gens qui ne sont pas  » du coin  » : mine de rien l’expatriation française et régionale c’est encore un grand pas à franchir.

Il nous manque peut-être des repères stables quelquefois, une envie de rentrer chez nous mais sans savoir où c’est. Aujourd’hui j’ai 32 ans je cherche toujours mon chez moi et tous les trois ans, j’ai besoin de changer d’endroit. Je n’arrive pas à me stabiliser, depuis mes trois ans je déménage tous les trois ans et ça continue !!!!!

Si j’ai envie de repartir vivre à l’étranger, ce qui n’a pas encore pu se faire, c’est, sans se voiler la face, au départ pour retrouver mes marques, mon cocon. Ensuite c’est ce besoin de découvrir, de recommencer encore sans connaître une situation stable facile et  » roulante « . C’est aussi pour fuir le système fermé que l’on connaît en France. Bizarrement on accepte plus les difficultés à l’étranger qu’en France où tout doit filer doux sinon on râle… on est plus philosophe à l’étranger.

Témoignage de Elodie
En effet, la vie à l’étranger vous permet de voir les choses différemment ! Je trouve qu’on est plus ouvert aux différences entre les personnes et les cultures !! Le revers de la médaille, c’est que les amis, on les compte sur les doigts d’une main (on déménage si souvent !) et qu’on ne sait pas poser ses valises! On a comme qui dirait la bougeotte au bout de trois ans passés au même endroit!
Personnellement, je suis un peu le contraire de ma sœur Stéphanie : en effet je ne souhaite qu’une chose, c’est de ne plus déménager et arriver à me faire un cercle d’amis pour une durée indéterminée !! Par contre je pense que cela a apporté une certaine unité au sein de notre famille, qui est très soudée.

Témoignage d’Emmanuelle
J’ai toujours eu du mal à répondre à la question suivante :  » D’où viens-tu ?  »
Ayant passé toute mon enfance à l’étranger, je n’ai jamais su quoi répondre ! Nous sommes partis, j’avais tout juste 4 ans pour la Réunion. Nous y sommes restés 6 ans (1 an à St Denis, 1 an à St Paul, 4 ans à St Benoît). Puis 4 ans à Fez au Maroc, et pour terminer au Pérou à Lima où j’ai passé mon bac en décembre 1996 (hémisphère sud…). Puis retour en France, à Paris, pour les études secondaires.

Je n’ai jamais vraiment souffert de tous ces déménagements. Evidemment, on ne voulait jamais partir mais on se réadaptait assez facilement au nouvel endroit.
La seule chose constante au cours de ces années a été l’école (française). On changeait de décor, d’environnement, d’amis… mais la structure scolaire était toujours la même et je trouve cela important : au moins une chose que l’on connaissait !
Je crois aussi que le rôle des parents est primordial : une expatriation réussie pour les enfants commence par une expatriation réussie pour les parents !

petits-expats4J’avais 17 ans lorsque je suis rentrée seule en France pour faire mes études supérieures. J’ai très vite dû apprendre l’autonomie. Ma mère habitait à plus de 18h d’avion… Pas question d’y retourner pour le week-end. J’habitais au foyer des lycéennes à Paris. J’avais un budget par mois et je devais le respecter.
Je me suis retrouvée, pour la première fois, entourée de personnes n’ayant jamais quitté leur ville natale et cela m’a fait bizarre. J’étais la bête curieuse. J’ai très vite appris à parler de façon différente sur nos modes de vie car nous sommes rapidement catalogués. Il faut faire attention aux mots choisis et expliquer que je n’ai pas eu mon bac dans une pochette surprise ! Il est vrai que vivant à l’étranger nous étions assez privilégiés : pas de classe surchargée (en terminale toutes sections confondues nous étions 14..), pas de problèmes de discipline, pas de grèves…
Les jeunes en général étaient assez fascinés par tous ces voyages que j’avais faits. Moi au début j’ai ressenti un vide : toute ma petite enfance est restée à la Réunion. Je n’ai pas d’amies de la maternelle, je ne connais pas le boucher ni le boulanger ni les voisins depuis toujours. Je n’avais pas vraiment de chez moi ! Au départ ma mère était toujours à Lima donc quand j’y retournais, je m’y sentais chez moi. Mais une fois qu’elle est partie en Grèce, ce n’était plus pareil.
Je crois que c’est la seule chose négative de cette expérience.

En contrepartie, j’ai voyagé et vu des choses magnifiques, découvert des paysages et des cultures. Le fait d’avoir déménagé me permet aujourd’hui de pouvoir m’adapter à tout nouvel environnement. Le fait d’avoir dû changer d’école, de se faire à chaque fois de nouveaux amis est positif. D’un point de vu professionnel, j’ai mis en avant mon aptitude à pouvoir m’intégrer facilement à un groupe déjà existant. Et c’est plutôt positif.

Aujourd’hui, j’avoue que j’aurais du mal à m’établir quelque part en me disant que j’y suis pour la vie. J’ai fortement soutenu mon mari lorsqu’on lui a proposé l’expatriation. C’était bon pour sa carrière et cela ne me faisait pas peur !

Témoignage de Séverine

Mes parents ont eu la chance de m’avoir lors de leur premier séjour à l’étranger, la Belgique. J’en suis partie à 3 ans. Mon petit frère est né lors du deuxième séjour (1 an), au Mexique. Nous sommes ensuite partis au Japon, j’avais 15 ans 1/2. Entre ces trois séjours nous étions en France.

Enfant, ce que j’appréciais le plus à l’étranger, c’était de pouvoir me retrouver avec mon papa, qui était souvent absent lorsque l’on habitait en France (il voyageait beaucoup). Du coup, même s’il était moins disponible, ce que nous, enfants, ne voyions pas, il était plus présent ; et ma mère moins  » méchante  » avec nous. Par contre, ce n’était pas évident de parler tout de suite la langue. Mes parents avaient des cours réguliers, mais nous (on est 4 enfants), on apprenait sur le tas. Finalement, on était gagnants. Adolescente, j’ai perdu petit à petit toutes mes copines en France. Cela a été dur, car finalement, je n’ai pas d’amis d’enfance. Les seuls amis, sont ceux connus lors de mes études… à l’étranger.
Pourtant, je les avais commencées en France, mes études. Mes parents me louaient une chambre chez l’habitant, pour que je sois moins seule (en province). Et puis, j’avais mon grand frère à Paris, que je revoyais tous les week-ends. Mais, j’étais très (trop) proche de ma mère, et, au bout d’un an, je suis repartie près de chez mes parents. Sans regrets, car mes copains et copines de fac ne s’intéressaient pas à mon parcours. On ne voyait vraiment pas les choses de la même façon. Même si vivre à l’étranger m’a appris à m’adapter…

petits-expats3Finalement, je dirais que vivre à l’étranger m’a apporté une certaine ouverture d’esprit, mais m’a enlevé une certaine « identité », car ayant beaucoup été avec des gens de différentes nationalités, je ne me sens pas vraiment française. C’est une mentalité que je ne maîtrise pas tout à fait… Disons que je me sens plutôt imprégnée de plusieurs cultures. C’est ce qui fait ma force, je pense.

Je me suis beaucoup embêtée en France. Les codes sont trop « rigides » à mon goût. J’ai tout fait pour repartir. Même si cela m’éloignait de ma famille.
Et j’ai eu la chance de rencontrer mon mari à l’étranger… il a aussi la bougeotte. Nous vivons au Japon, actuellement. Nos 3 aînés y sont nés. Notre dernière est née, quant à elle, à Séoul (ce n’est pas loin). Je dirais que vivre à l’étranger nous permet d’être plus « cool » vis-à-vis de notre Mère Patrie. Nous permet aussi, il faut bien le dire, de pouvoir réaliser des projets, qui, si nous étions restés en France, ne se seraient probablement jamais concrétisés (notamment nos 4 enfants). Je ne dis pas que c’est facile tous les jours, mais, moi, j’ai besoin de cet  » autrement « .

Témoignage de Catherine
Toute mon enfance et adolescence (ou presque) se sont effectuées en Afrique centrale.
Je suis rentrée en France après mon bac. A ce moment-là mes parents ont déménagé dans un autre pays d’Afrique.

Enfant, je ne sais pas si mes parents essayaient de me donner conscience de la chance que j’avais de connaître différentes choses, différents pays. Adolescents, oui bien sûr, on en discutait.
Nous n’avions ni télé, ni téléphone mais cela ne nous manquait pas à ma sœur et moi et je ne pense pas que l’on s’en soit plaintes. Même si l’été en France nous faisions des cures de dessins animés!
En fait je ne me posais pas trop de questions et même l’éloignement du reste de la famille ne me pesait pas. Cela avait toujours été comme cela et c’était la même chose pour les petits copains donc c’était la norme pour moi.
Adolescente, j’ai passé un an en France (en classe de 4ème). J’ai à ce moment-là beaucoup apprécié le fait de pouvoir  » être libre  » : j’allais à l’école en vélo et pouvais traîner après les cours (en Afrique les parents nous amenaient et venaient nous chercher en voiture), faire un tour en ville, m’acheter des magazines (genre OK !, Jeune et Jolie… oui j’avoue !), des disques. Mon argent de poche disparaissait très vite !
Par contre j’ai été un peu considérée comme une bête curieuse. Parfois je m’amusais à dire qu’on vivait dans des cases avec des lions autour tellement j’en avais marre ! Mais j’ai un peu souffert d’être différente : c’était clair que je n’avais pas les mêmes habitudes et mes vêtements, mes goûts tout était un peu trop  » luxueux  » par rapport aux autres.
Donc les parents, si vous revenez en France avec des ados, à moins que vous n’habitiez un quartier très chic, mettez-les en garde et ne cédez pas trop sur les marques !
A la fin de cette année-là tout de même j’avais été bien acceptée, avais peut être perdu mon côté trop bourgeois et ai été très triste de partir !
Encore une chose : nous avions trouvé bizarre ma sœur et moi de ne pas pouvoir aller facilement dormir ou même manger, chez des copines. Je crois que les portes des foyers sont beaucoup moins ouvertes en France.
Une petite anecdote : en Afrique, nous avions toujours une saison de retard au niveau musique. Les tubes de l’été duraient une année. Alors nous étions friands des nouveautés que les copains rentrés en France au cours de l’année pouvaient ramener ! Mais non, je n’en ai pas souffert !

petits-expats5Là où je crois qu’il faut faire attention en tant que parent, c’est au retour d’enfants étudiants en France si on reste soi-même à l’étranger.
Dans mon cas, cela s’est bien passé : j’étais en internat la semaine et rentrais le week-end chez la plus proche de mes tantes. J’avais là-bas toute l’affection dont j’avais besoin et la liberté que j’affectionnais ! L’année suivante j’ai partagé un appartement avec ma sœur et je continuais à venir me ressourcer régulièrement chez ma tante.
Je me suis à ce moment là beaucoup plus vite coulée dans le moule (au bon sens du terme : s’adapter à son environnement pour être bien accepté) : sans doute avais-je appris la leçon ! Mes idées ont évolué, j’ai eu un moment très critique sur la société des Français à l’étranger que je trouvais bien close et peu tolérante. Mais j’ai toujours apprécié de ne pas être restée dans la même campagne toute mon enfance, d’avoir vu différents pays, différentes gens.

Il n’empêche qu’il me reste la bougeotte et l’idée de passer tout le restant de ma vie au même endroit me fait peur et me paraît impossible. C’est pourquoi j’ai été d’accord pour bouger quand mon cher et tendre m’a fait part d’une possibilité d’expatriation à court ou moyen terme.
Mais d’un autre côté, j’aimerais bien me poser un peu, que mes enfants aient une base. Qu’ils n’aient pas toujours tout leur petit monde à refaire, que leurs amitiés soient du long terme et du solide. Quant à moi, les départs me font toujours aussi mal sans doute parce que je sais qu’en amitié c’est souvent  » loin des yeux, loin du cœur  » : je n’ai pas vraiment d’amie d’enfance, de mes années de lycée, je ne suis toujours en contact qu’avec une seule. Pour finir par un point positif, je dirais que cette enfance à l’étranger m’a permis de savoir m’adapter plutôt facilement et de me sentir chez moi partout. C’est un peu comme si je transportais ma maison sur mon dos, faite de souvenirs et surtout de l’amour de ma famille !

Témoignage de Valérie
Mes parents, Français, travaillaient déjà à l’étranger depuis quelques années lorsque je suis née au Moyen-Orient. J’ai commencé ma scolarité dans ce pays, puis je l’ai continuée dans les autres endroits où mon père a été muté. De même que mon frère et ma sœur, je m’y suis toujours fait des amis, de différentes nationalités et religions.
Je suis arrivée en France à l’âge de 12 ans.

Je ne sais pas si lorsque l’on est enfant on peut vraiment formuler ce que l’on aime et ce que l’on déteste. Je n’avais pas d’expérience de la vie en France, que je ne connaissais qu’au travers des vacances. Le soleil était quelque chose de normal toute l’année, ainsi qu’entendre parler des langues différentes, pratiquer d’autres religions et fréquenter des enfants de divers horizons culturels.
Avec le recul de l’âge, je pense bien sûr que tout cela a constitué un grand avantage.
De la même manière que pour les avantages, puisque je n’avais pas d’autre référence que ma vie, je n’ai pas particulièrement ressenti de manque. A l’époque, les télévisions diffusées par satellite n’existaient pas et tous les produits de consommation alléchants que l’on peut apercevoir dans les publicités m’étaient inconnus, donc dans le pays en voie de développement où je vivais, je ne ressentais pas d’envie superflue. Peut-être me suis-je quelquefois plainte de ne pas pouvoir acheter de jouets, mais cela ne m’a pas traumatisée !

petits-expats2Je pense aujourd’hui que c’était une grande chance de pouvoir vivre cette vie, puisque naturellement on comprend qu’il existe des gens qui ne vivent pas, ne parlent pas et ne pensent pas comme nous, et que notre pays n’est pas forcément LA référence absolue dans le monde.
Une autre chance, c’est celle de pouvoir apprendre assez naturellement une ou plusieurs langues étrangères.
On se fait des amis dans le monde entier (si l’on est assez assidu dans sa correspondance!).
Points négatifs : Ne pas pouvoir dire « je suis de telle ou telle région en France » quand on est face à des Français, il faut toujours expliquer notre vie ou alors dire qu’on est de Paris, ça simplifie les choses….
Etre prise par certains camarades d’école français, au retour, pour une mythomane quand on parle de sa vie ailleurs.

L’envie de repartir ne s’est pas formulée directement dans ma tête. Ce désir inconscient s’est manifesté au travers de mes intérêts. Pendant mes études supérieures, j’ai étudié des matières qui m’intéressaient, les relations internationales, le commerce international ainsi que les langues étrangères, ce qui en fin de compte m’orientait naturellement vers un départ à l’étranger du point de vue professionnel. Et je ne suis pas encore revenue…

Pascalex
Novembre 2003