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Nous remercions Florence, qui vit à Urumqi, et nous envoie cet article qui nous apporte le saveur de cette ville et cette région si peu connues…. 

 

J’ai commencé à travailler dans la ville d’Urumqi, au Xinjiang, province la plus occidentale de Chine, frontalière avec les pays d’Asie centrale comme le Kazakhstan, le Kirghizstan, la Mongolie, la Russie… Cette région est peuplée de Chinois de culture chinoise, mais aussi de minorités ethniques d’Asie centrale. A Urumqi j’habitais dans un appartement prêté aux employés étrangers par l’entreprise chinoise qui m’embauchait (un constructeur local d’éoliennes). Pour 1000 employés, nous sommes 5 étrangers, dont 2 françaises. L’appartement est spacieux et confortable, la décoration assez kitch mais on a fini par s’y habituer en rigolant et a personnaliser l’appartement pour s’y sentir bien. Il a fallu subir pas mal de coupures d’électricité, d’une part a cause du réseau électrique un peu capricieux et d’autre part a cause du système de payement de l’électricité qui ne coulait pas de source pour nous. Une fois le truc compris (cela marche avec une carte à recharger, un peu comme pour le téléphone), tout allait bien. Notre quartier est assez proche de l’entreprise, donc en bordure de la ville ce qui n’empêche pas d’avoir quantités de commerces, de restaurants, de marches locaux qui proposent cuisine, produits chinois et Ouighours (la minorité ethnique du Xinjiang, proche des autres peuples d’Asie centrale). La population ne parle quasiment pas anglais et il est nécessaire de parler au moins le mandarin pour pouvoir se déplacer, commander au restaurant et faire ses achats sans difficultés. Il y a quelques points en centre ville où on peut s’approvisionner en produits d’importations, comme des pates, du vin, mais par exemple impossible de trouver du fromage et assez difficile de trouver du beurre sans faire 1h et plusieurs changements de bus depuis notre logement. Le taxi n’est pas très cher à noter, on traverse la ville pour 45RMB (entre 4 et 5 euros), et comme partout en Chine les taxis sont nombreux.

urumqi2La ville est séparée en 2 parties: la partie « chinoise », au nord, qui ressemble a la plupart des villes modernes chinoises, et la partie Ouïgoure, au sud, dont l’architecture rappelle un peu plus celle des villes d’Asie centrale. On peut y trouver certains produits qui font défaut comme de la crème fraiche, toutes sortes de pains, de confitures, de fruits secs ou de miels. Chinois comme ouighours, qui entre eux ne s’entendent pas très biens, sont tous très aimables avec les étrangers, curieux de tout sur l’endroit d’ou vous venez et souvent très au fait de l’actualité de la France (c’est un chauffeur de taxi qui m’a appris le divorce de Sarkozy, cela changeait de l’énumération des joueurs de foot de l’équipe de France). Il y a à Urumqi peu mais certains étrangers. Une importante communauté Russe, et quelques américains, Européens et autres. Les étrangers ont a leur disposition UN bar international assez sympa, sinon il existe quelques restaurants de cuisine « occidentale » plus ou moins réussis. Le plus aboutit étant un restaurant tenu par une Créole de Curaçao qui sert de très bons plats de son ile. Les boites de nuits sont très nombreuses, d’influence Chinoise, Russe ou Ouïgoures (ce qui influence le type de fréquentation et de musique de l’établissement. L’expérience est assez bizarre mais vaut le coup et permet de passer une soirée amusante néanmoins). Outre mes collègues de bureau chinois et étrangers, j’ai pu faire la connaissance de quelques Français et personnes d’autres nationalités (majoritairement Américains, mais quelques Camerounais, Anglais, Japonais) vivant a Urumqi avec qui nous organisons quelques sorties au ski, à boire un verre ou repas à la maison. Par le biais d’amis j’ai aussi fait la connaissance de chinois de minorités ethniques (Kirghizes, Ouighours, Xibo …) avec qui nous faisons de la musique (beaucoup sont musiciens), allons boire un verre (faire attention sur ce point, il s’agit de boire à la Chinoise, c’est a dire de trinquer en vidant son verre et bien souvent les alcools sont très forts et au gout assez spécial). Une amie Ouïgoure m’a convertie a la natation en eau gelée, dans la piscine en plein air du centre ville d’Urumqi qui est recouverte de 50cm de glace en hiver (il fait -20 tous les jours au mois de janvier). On se jette a l’eau, on fait 3 brasses et on cours vite se réchauffer au sauna. Je ne sais pas si c’est aussi bon pour la santé que les adeptes le disent (en fait je suis persuadée que non, cela prouve juste que ceux qui survivent assez vieux pour s’y adonner plusieurs années sont vraiment de constitution très robuste) mais l’adrénaline lors de l’immersion dans l’eau froide et le bien être du sauna font qu’on en sort très relaxe et la peau toute douce.

urumqiVenir a Urumqi, ce n’est pas que venir en Chine. A la dimension « expatriation en Chine » s’ajoute la composante « expatriation au Xinjiang » (des Chinois venant temporairement travailler au Xinjiang se considèrent eux même comme expatriés, car pour eux l’environnement culturel est si différent qu’ils sont aussi dépaysés que s’ils allaient a l’étranger). La région, traversée par la Route de la Soie, est très riche en vestiges du passé et paysages extrêmes (Chaines du Pamir et des Tian Shan, désert du Taklamakan…). Le Xinjiang offre ainsi de nombreuses occasions de voyager et d’avoir une vie enrichissante en dehors du travail. Un détail important est d’appendre un petit peu de chinois avant de partir ou en arrivant pour pouvoir se déplacer de façon autonome le plus rapidement possible, car au début on peut se retrouver perdu. Dans les endroits très touristiques, certains guides et chauffeurs (souvent ouighours) parlent un peu l’anglais. Pour ceux qui chercheraient à venir en mission au Xinjiang, il existe quelques possibilités, outre l’enseignement du français. Le Xinjiang est aussi en plein développement, encouragé par le gouvernement Chinois, et riche en pétrole, gaz, charbon et minerais. Le commerce avec les pays frontaliers est aussi important (coton…). Je ne connais pas beaucoup d’entreprises étrangères implantées au Xinjiang mais elles sont surement nombreuses. Les postes dans l’énergie sont assez nombreux. Des centrales thermiques sont fournies par Alstom, la région développe l’énergie éolienne (GE, Nordex, Vestas …) et solaire. Il doit être possible de trouver des entreprises ayant besoin d’expatrier du personnel dans ces domaines.

A Urumqi, la population musulmane est nombreuse mais très modérée, les femmes sont soit non voilées, soit pour la plupart coiffée d’un petit fichu qui tient de l’accessoire de mode. Certaines on des voiles beaucoup plus strictes aussi. Mais les chinoises ou les russes n’hésitent pas à porter des vêtements très courts, des hauts dénudes (peut être pas très décolletés certes) donc je pense qu’il n’y a pas vraiment de règles. La consommation d’alcool n’a rien a envier à celle de chez nous. Il est au début amusant, puis un peu fastidieux de répondre aux nombreuse questions des gens qui bien souvent n’ont jamais vu quelqu’un venant d’aussi loin que la France, donc si vous devez pour la 15ème fois subir l’énumération de tous les joueurs de foot Français ou les détails de la vie du général de Gaulle, acquiescez gentiment à votre interlocuteur. En général, la première question qu’on va vous poser est si vous étés russe.

Restaurants français: aucun. Mais un restaurant créole (assez sympa près du cinéma du peuple, avec en face un café salon de the qui sert de vrais espressos (Tizzi coffee). Un bar très sympa, et en fait le seul digne de ce nom: le Fubar, sur gongyuan beijie (près de Hongshan) Il y a 3 Carrefour a Urumqi. On peut trouver quelques produits importés dans la galerie marchande de celui du Grand Bazar (la place « touristique » d’Urumqi où on peut trouver un immense minaret et un bazar (justement) où acheter tout ce que le Xinjiang compte en spécialités, chapeaux, couteaux, fruits secs, artisanat, soies, étoles… On trouve aussi quelques produits importés au Parkson, à Hongshan. Près du Sheraton, sur Youhaolu, il y a maintenant un « Maison Mode », un immense mall pour marques de luxe comme Louis Vuitton, Gucci, Prada et consort. Les vrais, pas les contrefaçons (ou alors, ca fait cher la contrefaçon). Pour l’emploi, de nombreux étrangers travaillent a Urumqi comme profs de langues. La plupart des Français travaillent pour la joint-venture de Veolia. L’entreprise ou je travaille, Goldwind, embauche quelques ingénieurs et commerciaux étrangers.

 

Florence
Urumqi, Chine
Mars 2010

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